Pourquoi et comment prendre le temps : à la manière d'un colibri ou d'un escargot ?

Il y a 15 ans en arrière, je passais ma vie à dire "je n'ai pas le temps". Il m'a fallu 10 ans pour ralentir et changer de vie, pour enfin pouvoir dire que je choisi de faire ce que je veux de mon temps. Je peux dire que j'ai le temps de voyager, que j'ai le temps de compter les minutes, de contempler les étoiles ou encore que j'ai le temps d'aller boire un café avec une amie.



Bien sûr, il arrive encore que je m'observe à ne pas prendre le temps pour téléphoner à ma grand-mère ou à passer trop de temps sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, j'ai envie d'écrire sur cette notion du temps qui passe, sur l'impermanence et partager avec toi cher lecteur-voyageur, un peu de ton temps pour s'interroger. Prends-tu le temps de vivre ? Et si oui comment fais-tu ? Quels sont tes secrets pour ne pas avoir l'impression que les minutes et les années te filent entrent les doigts.


Alors que les rides creusent leurs sillons sur ma peau, à l'heure où ma vie de mère potentielle est derrière moi, que le temps insouciant de l'enfant n'est déjà plus, que le temps incertain de demain est plus que d'actualité, je médite et je continue ma quête inlassable.

Que fais-tu des ces précieuses minutes de ta vie terrestre ? De quels grains de sable choisis-tu de remplir les minutes de ton sablier ? La vie s'écoule comme un long fleuve tranquille ou pas ?


Prendre le temps, c'est prendre conscience de l'accélération de notre société

Parfois je pense à déconnecter d'Instagram ou Facebook pour pouvoir expérimenter la vie à l'ancienne. La vie du siècle dernier, celle où les minutes semblaient des heures. Celle où j'étais petite fille et j'avais l'impression que les vacances d'été duraient une éternité. Celle où je puis dire que je passais des heures à gober les mouches, à nourrir les escargots ou encore à m'ennuyer. Je passais aussi des heures à lire les vieux bouquins trouvés dans les greniers de mes grands-mères, à bricoler d'improbables créations dans l'atelier de mon papy. Parfois, je suis nostalgique de ce temps d'avant. Sans vouloir sacrifier complètement au confort que le progrès nous a offert, j'essaie d'adapter mon mode de vie et de consommation de manière simple, consciente, locale, durable.

Ralentir pour atteindre la Sobriété heureuse décrite par Pierre Rabhi.





Le présent est un cadeau. Et pourtant, je n'ai pas toujours su en profiter. Parfois je regrette ces moments trop vite envolés, celui des jours légers emplis des rires de mes enfants. Ces jours où ma vie n'avait pas encore pris un tournant existen-ciel. Les jours se suivaient à une allure folle, compétitive. Une fuite en avant pour pouvoir empiler dans une journée métro, boulot, dodo, en d'autres termes toutes les activités compulsives d'une femme - maman - active moderne et la charge mentale qui va avec. A cette époque, je ne savais pas que méditer ou pleine conscience existait. Parfois je regrette de ne pas les avoir rencontrés plus tôt. Mais c'est ainsi que j'avais choisi de vivre ma vie. Pour transformer un jour, à ma façon ce que j'avais expérimenté.



Pont du gard
Les arches millénaires du Pont du Gard, un lieu inspirant pour méditer sur la notion du temps qui passe.

La vie slow m'a rattrapée sans crier gare. Au détour d'un burn-out, d'un accident de parcours, d'un accident de vie, d'une rupture ou encore d'une mort inacceptée.

Au cours de ma vie, j'ai eu trois accidents qui auraient pu être mortels. Je suis encore en vie, mais il m'a fallu beaucoup de temps pour réaliser à quel point celle-ci était précieuse. Le ciel m'avait envoyé pas mal de messages que je n'avais pas su entendre.


"Apprécie, savoure chaque minute de ta vie" me dit le ciel . Oui mais comment ? lui ai-je répondu. Pourquoi et comment prendre le temps, déguster le temps, croquer à pleines dents la vie, sans la gâcher, sans la brûler... est-ce que tu y penses lorsque tu te lèves le matin, lorsque tu prépares tes valises à la va-vite, lorsque tu sautes dans l'avion pour partir à l'autre bout du monde, lorsque tu n'arrives pas à déconnecter de ton portable pendant que tes enfants font des châteaux de sable.....


Prendre le temps s'apprend.

Ce matin, en me levant, j'ai marché dans le jardin de mon ami. J'ai pris le temps de contempler, de méditer, de marcher dans la mousse, d'écouter les oiseaux chanter.

J'ai réalisé le chemin parcouru depuis un an. Il me qualifie parfois d'impatiente. Et il a raison. La vie slow est un long chemin à parcourir pour enfin atteindre la plénitude et la sérénité.

Ce matin, j'ai réalisé que je ne rêvais pas. Que la vie que je vivais était encore plus belle que celle que j'avais imaginée. Ce matin j'ai essayé de savourer chaque seconde, de permettre au temps de suspendre son vol, de vivre pleinement l'instant présent, de remplir mon coeur d'amour, de lumière et de gratitude.



"Fais de ta vie un rêve, fais de ton rêve, une réalité." Saint-Exupéry.



Petits pas par petits pas, avec un peu d'entraînement, le temps s'apprivoise pour prendre la forme que nous voulons lui donner ; il se déroule au gré de nos rythmes et de nos besoins, il se déploie sans nous étouffer. Il existe des guides, des pistes, des méthodes à suivre qui ouvrent la voie à sa propre conquête du temps.


Et si le temps d'un séjour à La Magnanerie, nous prenions le temps tout simplement de partager, de méditer, de nous connecter à la nature. Et pourquoi pas de rêver ensemble d'un monde nouveau qui ne rime plus avec croissance économique, mais ralentissement, décroissance, sobriété, création, art de vivre. Partager et mettre en commun ses idées, dans un espace accueillant et bienveillant, telle est ma petite part de colibri. Pour l'instant !